L’étiologie du bruxisme n’est pas encore bien définie et plusieurs hypothèses sont proposées.

Théorie psychologique
Pour de nombreux auteurs, les praxies parafonctionnelles constituant le bruxisme ne seraient qu’un moyen inconscient d’évacuer le stress, l’anxiété non exprimée et la tension psychologique dans une perspective d’adaptation à l’environnement.

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En faveur de cette hypothèse, on retrouve la notion que le bruxisme apparaît chez l’enfant le plus souvent entre 5 et 8 ans, à une époque où l’enfant est limité dans l’expression de ses sentiments et de ses ressentiments, du fait d’un vocabulaire encore très pauvre.
Chez l’adulte, l’incidence du bruxisme est statistiquement plus élevée chez les personnalités anxieuses, stressées, hyperactives, avec exacerbation des praxies nocturnes vicieuses lors des périodes d’examens scolaires, de diffucltés professionnelles ou conjugales et avec une résolution lorsque ces stress disparaissent. Tous les auteurs insistent sur le fait que les périodes de bruxomanie sont soumises à des variations cycliques au cours de la vie du patient, étroitement dépendantes du niveau de stress auxquelles il est soumis. Cette théorie a été confortée par des enregistrements nocturnes électromyographiques des masséters, montrant une activité électromygraphique variable selon le niveau du stress du sujet pendant la journée.
Un autre argument en faveur de l’hypothèse psychologique du bruxisme a été apporté par l’étude de patients bruxomanes pendant leur sommeil. Le grincements de dents serait en rapport avec le stress journalier et serait responsable d’un sommeil léger avec de nombreuses périodes de la veille. En effet, les contractions et les praxies aboutissant au bruxisme ont lieu pendant le stade H du sommeil, c’est-à-dire pendant un stade de sommeil très léger. En revanche, les serrements de dents que l’on observe chez 10 à 20% des bruxomanes (stade IV) est pendant le sommeil paradoxal.

Théorie occlusale
La relation entre le bruxisme et les éventuels troubles de l’occlusion est actuellement très controversée.
Les causes les plus fréquemment évoquées sont un contact prématuré entre les dents (contact naturel ou en rapport avec une mauvaise adaptation prothétique) , une denture lactéale en mauvais état ou mal traitée, un édentement partielnon restauré ou mal compensé.
L’hypothèse étio-pathogénique la plus souvent retenue est que le patient qui a un conflit occlusal (un contact dentaire prématuré par exemple) tente de compenser et met en jeu des récepteurs réflexes qui agissent sur les muscles masticatoires, créant un nouveau réflexe dynamique du bruxisme.
Mais d’autres auteurs rejettent cette théorie occlusale dans la genèse du bruxisme en prouvant expérimentalement qu’un conflit occlusal ne génère pas de bruxisme et que le rétablissement d’un bon équilibre occlusal n’entraîne pas constamment de disparition de cette praxie anormale (Articulateur dentaire).

Autres étiologies
Certains auteurs considère qu’il existe une prédisposition génétique au bruxisme puisqu’on la rencontre souvent chez plusieurs membre d’une famille. De plus, le bruxisme serait trois plus fréquent chez les enfants allergiques que dans la population générale. Une autre hypothèse évoque un dysfonctionnement du système nerveux central.
En faveur de cette étiologie, on retrouve le fait que certains médicaments (amphétamines, phénothiazines, Levodopa) puissent induire un bruxisme.
D’autre part, certains types de traumatisme crânien avec lésions cérébrales ou coma après accident vasculaire cérébral s’accompagnent de bruxisme. Les structures cérébrales en causes n’ont pas encore été identifiées.
Dans nombres de cas, le bruxisme a une origine essentiellement psychologique, dépendante des facteurs environnementaux, mais sans rapport avec des problèmes occlusaux, rendant exceptionnelle la réalisation de meulages occlusaux (Matériel dentaire).